Surréalisme

Surréalisme par Sandra:

 

SURREALISME

 

XXème siècle, fin de la première guerre mondiale

 

Mouvement esthétique dont l’activité s’est manifestée, depuis la fin de la première guerre mondiale, aussi bien dans les arts plastiques et le cinéma que dans la poésie. Les surréalistes ont revendiqué des patronages très divers mais ses sources vives doivent être cherchées avant tout dans l’œuvre de RIMBAUD, dans celle de LAUTREAMONT, dans l’exemple de Jacques VACHE, qui portent au point de rupture l’interrogation sur les valeurs en cours que la guerre ne pouvait manquer de susciter chez des esprits jeunes et graves.

 

C’est un goût commun pour la poésie qui rapproche autour d’APOLLINAIRE, dans les années 1917-1918, Louis ARAGON, André BRETON et Philippe SOUPAULT qui viennent d’avoir vingt ans. Ils subissent très fortement l’influence de RIMBAUD, dont l’aventure spirituelle leur apparaît comme « une protestation de tout l’être devant tout » (BRETON). Ils voient aussi en RIMBAUD celui qui a libéré la poésie des contraintes formelles et en a fait un moyen de découverte. Sur ce plan, ils trouvent un nouvel encouragement dans l’exemple d’APOLLINAIRE, dont ils aiment le personnage et le lyrisme neuf. Jacques VACHE, qu’André BRETON rencontre en 1916 n’a presque rien écrit, c’est son attitude devant la vie, le refus irréductible et dégagé qu’il oppose à la guerre, à l’art, au monde en général, que retiendra de lui le surréalisme. Il meurt à 23 ans d’une mort volontaire, qui le projette en plein mythe pour BRETON et ses amis.

 

LAUTREAMONT dont la découverte se situe dans ces mêmes années, exerce sur ces jeunes poète une véritable fascination : ils admirent la violence de sa révolte contre Dieu et les hommes, la puissance et la liberté de son imagination. Ainsi se dégage déjà une attitude générale caractérisée, d’une part, par le refus de la littérature considérée comme un divertissement, comme une fin, d’autre part, par un besoin de libération de tout l’être, attendu d’abord de la poésie.

 

Aux origines du surréalisme, on trouve aussi le dadaïsme. L’activité de dada s’impose d’autant plus à l’attention de BRETON, ARAGON et de SOUPAULT, jeunes directeurs de Littérature (titre donné par antiphrase à la revue fondée en mars 1919) que certaines déclarations de TZARA retrouvent le ton même de VACHE. Mais très vite, quelques uns (BRETON en particulier) ne peuvent plus se satisfaire de la négation dadaïste. Ce mouvement a laissé au surréalisme son héritage, son climat passionné, sa violence. Cependant il serait abusif de croire que le surréalisme est né de Dada. La conception neuve de l’inspiration et de la poésie qui le caractérisera s’était affirmée des septembre 1919, avec la publication dans Littérature des premiers textes automatiques signés de BRETON, textes qui constitueront le début des Champs magnétiques (1920), première œuvre surréaliste. Dès ce moment BRETON et SOUPAULT choisissent le mot surréalisme pour désigner ce nouveau mode d’expression, en hommage à APOLLINAIRE qui l’avait créé.

 

Le surréalisme a été défini par BRETON dans le premier manifeste en ces termes :

 

« Automatisme psychique pur par lequel on se propose d’exprimer soit verbalement, soit par écrit, soit de toute autre manière, le fonctionnement réel de la pensée. Dictée de la pensée, en l’absence de tout contrôle exercé par la raison, en dehors de toute préoccupation esthétique et morale. »

 

Le surréalisme tente ainsi de fonder à la fois un nouveau mode de connaissance et un nouveau mode de vie : briser les barrières qui ferment à l’homme une part essentielle de lui-même et ouvrir par là de plus larges voies de communication entre les êtres, rétablir le contact entre l’homme et la nature.

Ces conceptions sont solidement fondées, dès l’année 1924, dont les derniers mois voient paraître le premier Manifeste du Surréalisme ainsi que la revue La Révolution surréaliste et s’ouvrir à Paris le « Bureau central des recherches surréalistes ». l’équipe initiale s’est enrichie de Paul ELUARD, de DESNOS, Benjamin PERET, et de peintres René CREVEL, VITRAC, NAVILLE, Antonin ARTAUD, LEIRIS, MASSON…

 

Les années 1925-1927 sont marquées par l’orientation du mouvement vers le communisme et les difficultés qui en résultent : opposition d’ARTAUD et de SOUPAULT, suivie de la rupture en novembre 1926. ces problèmes occupent les brochures suivantes :

→ La Révolution et les intellectuels (1926) de NAVILLE

Légitime défense, réponse de BRETON

Au Grand jour (1927) d’ELUARD, PERET, et UNIK qui ont adhéré au part communiste

A la Grande nuit ou le Bluff surréaliste, d’Antonin ARTAUD

 

De ces difficultés plusieurs livres de BRETON sont l’expression : Le Second manifeste du Surréalisme (1930), les vases communicants (1932), Position politique du Surréalisme (1935). Malgré ses démêlés, le surréalisme a préservé jusqu’à la dernière guerre, qui vit sa dispersion, sa volonté de combat contre le mal social, tout en maintenant son exigence absolue de liberté. Mais son histoire se ressent de la tension que fit naître en lui le heurt de telles préoccupations et de l’époque. Des crises éclatent ; DESNOS, LEIRIS, MASSON, PREVERT, QUENEAU rompent avec le mouvement en 1929-1930 ; en 1932, c’est ARAGON qui s’éloigne, désavouant son activité passée. La rupture est totale désormais entre le surréalisme et le communise officiel. Le surréalisme suit son chemin personnel, en dehors de tous les groupements politiques ; on doit noter, toutefois, qu’il porte à TROTSKY, que BRETON rencontre à Mexico en 1938, une estime et une admiration sans défaillance.

 

Si le surréalisme a perdu dans ces débats des éléments marquants, des forces neuves ne cessent de lui venir, notamment dans les années 1930, BUNUEL et Salvador DALI, ainsi que René CHAR.

Parmi les plus marquantes productions du surréalisme on peut citer :

→ Le Paysan de Paris (1926) ARAGON

→ L’Art et la Mort (1929) ARTAUD

→ Nadja (1928) BRETON

→ Deuil pour deuil (1924) DESNOS

→ L’Amour de la poésie (1929) ELUARD

Une place considérable doit être faite pour les peintres comme DALI, MARGRITTE, MIRO.

 

La seconde guerre mondiale interrompt la vie du groupe surréaliste, écrivains et peintres émigrent aux Etats-Unis et au Mexique. Après 1946, un groupe surréaliste se reconstitue et rassemble, autour de BRETON et de PERET, des forces jeunes qui se réaffirment par des tracts.

La lutte du surréalisme contre tous les conservatismes constitue l’un de ses traits marquants et l’a amené à prendre position sur les grands problèmes politiques et sociaux. Mais, si sombre que soit l’actuelle condition humaine, le surréalisme surmonte la tentation du désespoir ; il affirme que l’homme est capable de « changer de vie ». Son optimisme repose sur la croyance en la liberté humaine. Il se définit lui-même comme « la rencontre de l’aspect temporel du monde et des valeurs éternelles : l’amour, la liberté et la poésie ».

 

→→ Mouvement international : 1935, Belgique, Danemark, Autriche, Tchécoslovaquie, Yougoslavie, Japon, Brésil.

 

Le surréalisme a sensibilisé notre époque à une beauté nouvelle, insolite, élément de vie et non de contemplation, que BRETON a défini comme « beauté convulsive ». Il a influencé de large secteurs de l’art, assignant à sa quête a double nécessité de « transformer le monde » et de « changer la vie ». Il a donc suscité des interrogations essentielles, toujours actuelles, sur les rapports de l’art et de l’existence.

 

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