L'âge classique 1661-1685

Fiche: Sandra

LE CLASSICISME

 

 

Comme MONTAIGNE et les humanistes, les classiques analysent l’homme et croient en sa grandeur. Leur idéel de vie est « l’honnête homme » qui domine ses passions par la raison.

 

 

 

L’Age d’or du théâtre

 

 

 

CORNEILLE, MOLIERE, RACINE

 

            « Qu’en un lieu, qu’en un jour, un seul fait accompli

     Tienne jusqu’à la fin le théâtre rempli. »

 

                                                                       BOILEAU, L’Art poétique

 

 

Le théâtre, et en particulier la tragédie, est le genre majeure du classicisme.

 

 

« La principale règle est de plaire et de toucher. Toutes les autres ne sont faites que pour parvenir à cette première. »

 

                                   Préface de Bérénice, RACINE

 

 

Les pièces sont tirées des Anciens, la tragédie étant synonyme de noblesse et de grandeur. Dans l’Art Poétique, Nicolas BOILEAU définit les règles devant régir la poésie et le théâtre rimé : cinq actes et trois unités (de temps, de lieu, et d’action), auxquels s’ajoutent les règles de bienséance, ne pas choquer le public, et de vraisemblance, respect des caractères, des mœurs, des époques.

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

Pierre CORNEILL, Le Cid (1635), L’Illusion Comique (1636), Horace (1640), Cinna (1641), Polyeucte (1642), Tite et Bérénice (1670)

→ les personnages surmontent les épreuves imposées par la nature, la famille et l’Etat, et rachètent leurs fautes par leur héroïsme.

 

Le Cid : tragi-comédie qui met en scène le conflit entre l’honneur et la passion. Rodrigue, le Cid, tue le père de Chimène pour venger l’honneur de son propre père, ce qui rend impossible leur amour.

 

[Le Comte]

« A vaincre sans péril, on triomphe sans gloire »

 

[Rodrigue]

« Je suis jeune, il est vrai ; mais aux âmes bien nées

La valeur n’attend point le nombre des années. »

 

 

Jean RACINE, Andromaque (1667), Britannicus (1668), Bérénice (1669), Phèdre (1677), Athalie (1691)

Contrairement aux intrigues complexes chez CORNEILLE, les situations sont nettes chez RACINE. Les passions éclatent quand la pièce commence, le héros est aveuglé par ses passions et écrasé par une fatalité tragique.

 

     « Ce n’est plus une ardeur dans mes veines cachée

C’est Vénus toute entière à sa proie attachée »

 

« Tout m’afflige et me nuit, et conspire à me nuire »

                                                                                                          Phèdre

 

 

MOLIERE, L’Ecole des femmes (1662), Les Précieuses ridicules (1664), Dom Juan (1665), Le Misanthrope (1666), L’Avare (1668), Tartuffe (1669), Le Bourgeois Gentilhomme (1670), les Fourberies de Scapin (1671), les femmes Savantes (1672), Le Malade imaginaire (1673)

→ la comédie doit corriger les mœurs par le rire.

→ dénonciation des travers de l’éducation des jeunes filles, du snobisme, de la bigoterie, de l’avarice, de la médecine, de la justice, de la Cour…

 

            « Par ma foi ! Il y a plus de quarante ans que je dis de la prose sans que j’en susse rien »

                                                           Le Bourgeois gentilhomme

 

 

 

 

Les genres mondains

 

BOILEAU, LA BRUYERE, LA FONTAINE, LA ROCHEFOUCAULD, PERRAULT, Cardinal de RETZ, SAINT SIMON, SEVIGNE

 

Les genres de cour ou de salon (fable, conte, maxime) sont caractérisés par leur brièveté : les lettres et mémoires sont le faits de grands personnages qui sont les témoins de leur temps. Ces mondanités ouvrent la voie de la littérature à l’aristocratie.

 

 

La fable et  le conte

 

« Selon que vous serez puissant ou misérables,

Les jugements de cour vous rendront blanc ou noir. »

                                               Les animaux malades de la peste, La FONTAINE

 

Jean de la FONTAINE, Fables (1668-1694)

→ inspirées de l’Antiquité grecque, latine et orientale (Esope, Phèdre et Pilpay).

→ satiriques, critiquent la justice, la cour, la monarchie de droit divin

→ traitent de thèmes philosophiques (solitude, vieillesse)

 

Charles PERRAULT, Contes en vers (1694), Contes de la mère l’Oye (1697)

→ contes de fées  qui enchantent et fascinent par leur mystère et leur ambigüité tels « Peau d’âne » « le Petit Chaperon rouge », « la Belle au bois dormant », « Cendrillon », « Barbe bleue ».

 

 

La maxime

 

« Si nous n’avions pas de défauts, nous ne prendrions pas tant de plaisir à en remarquer dans les autres. »

                   Maximes, La ROCHEFOUCAULD

 

François de la ROCHEFOUCAULD, Réflexions ou sentences et maximes morales (1664)

→ concision et justesse : idéal d’élégance

→ sous couvert de mondanités ironiques, il démasque les fausses vertus de l’Antiquité, l’humanisme païen de la Renaissance et les passions qui rongent l’homme, en particulier l’amour propre.

 

Jean de la BRUYERE, Les Caractères ou les mœurs du siècle (1688-1696)

→ brèves sentences ou portraits où l’on cherche à reconnaître les grands de l’époque : visée satirique + dimension morale et culpabilisante → atteindre une vérité générale sur l’homme.

→ dans le double portrait de Phédon et Giton, qui oppose deux stéréotypes sociaux, on comprend pourquoi tout réussit au dernier « Il est riche ».

 

 

 

 

Les lettres et mémoires

 

« Je m’en vais vous mander la chose la plus étonnante, la plus surprenante, la plus merveilleuse, la plus miraculeuse, la plus triomphante, la plus étourdissante, la plus inouïe, la plus singulière, la plus extraordinaire… »

                                                                       Mme de SEVIGNE

 

Mme de SEVIGNE, Lettres (Posthume 1726)

→ écrit à sa fille, qui vit en Provence (elle à Paris et fréquente les salons, cousine de Mme la Fayette)

→ fait le récit des petits et grands événements de la Cour

 

Cardinal de RETZ, Mémoires (posthume, 1717)

→ non destinés à la publication mais adressés à une mystérieuse dame  (Mme de SEVIGNE ?) : justifie son passé et expose ses conceptions politiques

 

SAINT- SIMON, Mémoires (posthume 1830)

→ gigantesque somme qui témoigne du règne de Louis XIV, de la décadence du régime sous la Régence.

 

 

 

 

Le roman et la nouvelle

 

 

FENELON, GUILLERAGUES, LA FAYETTE, SEGRAIS, VILLEDIEU

 

Au XVIIème siècle, le roman est une forme dépréciée et critiquée d’où le triomphe de la nouvelle, de préférence historique : récit bref, simple, clair et vraisemblable. Les tentatives romanesques ont du mal à sa libérer de l’Astrée d’URFE, grand roman baroque, héroïque et sentimental du début du siècle. La Princesse de Clèves est le seul véritable « roman classique ».

 

Mme de la FAYETTE, La Princesse de Montpensier -1662), La princesse de Clèves (1678)

La PdM : nouvelle historique où l’héroïne connaît, pendant la guerre de Religion, « la douleur d’avoir perdu l’estime de son mari, le cœur de son amant et le plus parfait ai qui fut jamais ».

La PdC : déchirement entre le devoir conjugal et la passion, Mme de Clèves incarnant la vertu douloureuse mais triomphante, et inaugure l’ère du roman psychologique moderne.

 

Mme de VILLEDIEU, Mémoires de la vie d’Henriette-Sylvie de Molière (1674), Le Désordre de l’amour (1675)

→ mémoires fictifs et roman bref

 

 

 

 

 

Les penseurs

 

 

BAYLE, BOSSUET, DESCARTES, FENELON, FONTENELLE, GASSENDI, NAUDE, PASCAL

 

Les classiques réfléchissent aux travers de la société, aux faiblesses de la condition humaine, et à la façon dont l’honnête homme peut surmonter ses mauvais instincts par la raison.

 

Le cartésianisme

 

« Je pense donc je suis (Cogito ergo sum) » DESCARTES, Discours de la méthode

 

René DESCARTES, Discours de la méthode (1637), Méditations métaphysiques (141), Principes de la philosophie (1644)

→ père du rationalisme : par l’analyse puis la synthèse tous les problèmes sont explicables en causes et conséquences.

→ prône la modération et la persévérance (les passions peuvent être transformées en vertu par la volonté)

→ prouve l’existence de Dieu par la raison

 

« Comment serait-il possible que je pusse connaître que je doute et que je désire, c’est-à-dire qu’il me manque quelque chose et que je ne suis pas tout parfait, si je n’avais en moi aucune idée d’un être plus parfait que le mien, par la comparaison duquel je connaitrais les défauts de ma nature ? »

                                                           Méditations métaphysiques, DESCARTES

 

Le libertinage érudit

 

« Il est bien révoltant de supprimer tant de bonnes choses à cause de quelques mauvaises, et de couper la roseraie parce qu’au milieu des roses il y a aussi des épines… »

                                                                                                          GASSENDI

 

Les libertins du XVII siècle, sceptiques et épicuriens, prônent la tolérance religieuse et l’indépendance de la raison. Ils tendent à donner à l’existence un sens uniquement terrestre. Entreprenants au début du siècle, ils sont combattus par RICHELIEU, puis retrouvent leur audace avec la Fronde. Malgré la réaction chrétienne (PASCAL, BOSSUET) l’esprit libertin se développe sous Louis XIV et s’enhardit encore à l’approche du siècle des philosophe.

 

Pierre GASSENDI, Recherches métaphysiques (1642), Vie et Mœurs d’Epicure (1647)

tente de concilier l’épicurisme avec les Evangiles

→ réfléchir à la possibilité d’un modeste bonheur ici-bas

→ Contre DESCARTES, il ne croit pas qu’on puisse trouver rationnellement l’existence de Dieu.

 

Le Jansénisme

 

« Car enfin qu’est-ce qu’un homme dans la nature ? Un néant à l’égard de l’infini, un tout à l’égard du néant, un milieu entre rien et tout, infiniment éloigné de comprendre les extrêmes. »

                                                                                  Les pensées, PASCAL

 

Le jansénisme est une doctrine définie par JANSENIUS dans Augustinus (1640), qui réunit, autour de l’abbaye de Port-Royal-des-champs, des penseurs et théologiens comme ARNAULD ou PASCAL. Ils ont une vision pessimiste de l’homme, esclave de son amour-propre et de ses passions ; son âme est en état de péché, et seule la grâce divine peut le sauver de la prédestination…à condition qu’il quitte le monde et ses tentations.

 

Blaise PASCAL, Les provinciales (1656-1657), Les Pensées (1669)

→ démontre ma misère de l’homme sans Dieu.

Contre DESCARTES PASCAL pense que le savoir n’est qu’une croyance car l’esprit humain et limité.

→ l’homme devient grand lorsqu’il prend conscience de sa misère (les deux infinis)

→ le divertissement qui nous fait oublier notre condition est vain et illusoire

→ l’homme déchu ne peut trouver le bonheur qu’en Dieu, le « souverain bien », il a donc intérêt à croire en DIEU, c’est le « pari pascalien ».

 

 

Les Prédicateurs

 

« C’est une entreprise hardie d’aller dire aux hommes qu’ils sont peu de chose. »

                                                           Sermon sur la mort, BOSSUET

 

BOSSUET, Sermons (1653-1662), Oraisons funèbres (1669-1687)

→ précepteur de Louis XIV

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