Romantisme

Romantisme par Sandra:

 

ROMANTISME

 

XIXème siècle, début du siècle

 

 

Au début du siècle, une jeune génération veut changer le monde, rêvant de beauté, de liberté et d’absolu. Après le règne du classicisme et de la raison, les romantiques cherchent à révolutionner l’art. La poésie leur permet d’exprimer les sentiments et la singularité de chaque être. Ils réhabilitent la religion, apanage du cœur, de la sensibilité et de l’imagination, et s’inspirent de la beauté de la nature, dont la contemplation permet d’entrevoir la part sublime de l’homme. Ils souffrent de leur finitude, de la fuite du temps, de l’ennui, de la mélancolie, du mal de vivre : le romantisme est le mal du siècle.

 

Le Romantisme : le mal du siècle

 

La poésie lyrique

 

HUGO, LAMARTINE, MUSSET, NERVAL, SAINTE-BEUVE, VIGNY

 

« Je suis le ténébreux, le Veuf, l’Inconsolé,

Le prince d’Aquitaine à la tour abolie :

Ma seule Etoile est morte, et mon luth constellé NERVAL, « El Desdichado »

Porte le Soleil noir de la Mélancolie ». Les Chimères

 

 

La poésie romantique est celle du lyrisme, mais avec un langage et des formes revisités afin d’exprimer de manière authentique la confusion des passions, le désespoir, le réconfort auprès de la nature.

 

« La poésie, c’est le chant intérieur », LAMARTINE, préface des Recueillements

 

Le recours à l’histoire ou la mythologie, sur le modèle de l’épopée antique, permet d’exalter les élans mystiques.

 

Alphonse de LAMARTINE, Méditations poétique (1820), Harmonies poétiques et religieuses (1830), Jocelyn (1836), Recueillements poétiques (1839)

Méditations : tourments & angoisses du poète, par l’intermédiaire d’une nature tantôt complice, tantôt indifférente

→ « Le lac » le désespoir qu’il éprouve en raison de la maladie de son aimée le pousse à invoquer la nature, moins périssable que l’homme pour conserver le souvenir du bonheur

« O temps, suspens ton vol ! / et vous, heures propices / Suspendez votre cours ! »

Jocelyn : recueil de poésies intimistes sur fond de quête mystique

 

Alfred de VIGNY, Poèmes antiques et modernes (1826), Les Destinées (Posth. 1864)

La peinture de la nature sert à poser des problèmes philosophiques ou métaphysiques

Destin tragique de l’homme privé de Dieu, qui choisit alors l’Amour, la Solitude et le Silence

 

 

Victor HUGO, Les Orientales (1829), les Chants du crépuscule (1835), les Rayons et les ombres (1840), Les Châtiments (1835), les Contemplations (1856), la Légende des siècles (1859-83)

Chât : écrits en exil, satire épique de « Napoléon le petit »

Cont : poèmes lyriques et mystiques, centré sur la douleur et le deuil (perte de sa fille)

→ « Demain, dès l’aube, à l’heure où blanchit la campagne

Je partirai. Vois-tu, je sais que tu m’attends.

J’irai par la forêt, j’irai par la montagne.

Je ne puis demeurer loin de toi plus longtemps. »

LdesS : l’épopée de l’accession de l’homme à la lumière, la poésie comme guide de l’homme vers le progrès et Dieu

 

Alfred de MUSSET, Premières Poésies (1829-35), Nouvelles Poésies (1835-52)

Grands thèmes : pureté perdue, conviction que l’amour pur ne peut plus renaître, aspiration les plus profondes de l’homme, désespoir de la foi perdue

→ « Les plus désespérés sont les chants les plus beaux »

 

→ « J’ai perdu ma force et ma vie

Et mes amis et ma gaieté

J’ai perdu jusqu’à la fierté

Qui faisait croire à mon génie

Quand j’ai connu la vérité

J’ai cru que c’était une amie

Quand je l’ai comprise et sentie

J’en étais déjà dégouté

Et pourtant elle est éternelle

Et ceux qui se sont passés d’elle

Ici-bas ont tout ignoré

Dieu parle, il faut qu’on lui réponde

Le seul bien qui me reste au monde

Est d’avoir quelquefois pleuré » Tristesse

 

Gérard de NERVAL, Odelettes (1853), Les Chimères (1854)

Fou d’amour pour une actrice qui l’a délaissé, il en fait l’idéal féminin qui hante ses poèmes (muse)

Souvenirs, rêves, folie, mysticisme = annonce les surréalistes

 

 

 

Le drame romantique

 

DUMAS père, HUGO, MUSSET, NERVAL, VIGNY

 

« On est souvent trompé en amour, souvent blessé et souvent malheureux ; mais on aime, et quand on est sur le bord de sa tombe, on se retourne pour regarder en arrière et on se dit : j’ai souffert souvent, je me suis trompé quelquefois, mais j’ai aimé. C’est moi qui ai vécu, et non pas un être factice créé par mon orgueil et mon ennui. »

On ne badine pas avec l’amour, Alfred de MUSSET.

 

Au théâtre, le romantisme est une révolution. Le drame romantique, contrairement à la tragédie classique, multiplie les actions, les temps et les lieux. Il aborde l’histoire présente et les personnages n’hésitent pas à se suicider sur scène.

 

Le drame romantique «  mêle l’ombre à la lumière, le grotesque au sublime, en d’autres termes le corps à l’âme, la bête à l’esprit ». HUGO, préface de Cromwell, 1827.

 

Alexandre DUMAS, père, Henri III et sa cour (1829), Kean (1836), Leo Buckart (1840, écrit avec NERVAL)

drame historique où l’intrigue sentimentale est doublée d’une dimension politique

 

Victor HUGO, Hernani (1830), Ruy Blas (1838)

H : conte les amours contrariées d’un noble proscrit et dona Sol, également convoitée par son oncle et par le roi.

RB : tragique alterne avec comique, un laquais se fait aimer de la reine et devient Premier ministre avant d’être démasqué et de se suicider dans ses bras.

 

Alfred de MUSSET, Les Caprices de Marianne (1833), On ne badine pas avec l’amour (1834), Lorenzaccio (1834)

Vanité et la méchanceté des êtres qui jouent avec les sentiments.

CdM : à Naples, Coelio aime l’orgueilleuse Marianne en vain ace elle méprise le véritable amour

OnBpaA : Camille et Perdican se déchirent pour ne pas reconnaître qu’ils s’aiment et cause le désepoir et la mort de l’innocente Rosette

L : évoque la figure complexe et désespéré de Laurent de Médicis, à Florence au 16ème siècle : il libère la cité de la tyrannie en assassinant Alexandre de Médicis, mais un autre Médicis s’empare de Florence et le fait assassiner.

 

Alfred de VIGNY, Chatterton (1835)

drame de l’homme spiritualiste étouffé par une société matérialiste.

 

Edmond ROSTAND, Cyrano de Bergerac (1897)

« Ah ! non ! c’est un peu court, jeune homme ! / On pouvait dire…oh ! Dieu !...bien des choses en somme » [début de la « tirade du nez » ]

 

 

Le Roman

 

 

BALZAC, CHATEAUBRIAND, CONSTANT, DUMAS père, GAUTIER, HUGO, M1RIMEE, MUSSET, SAINTE BEUVE, SAND, STAEL

 

Le roman psychologique : analyse intime des tourments du cœur

 

« Je ne savais pas alors ce que c’était la timidité, cette souffrance intérieure qui nous poursuit jusque dans l’âge le plus avancé, qui refoule sur notre cœur les impressions les plus profondes, qui glace nos paroles, qui dénature dans notre bouche tout ce que nous essayons de dire, et ne nous permet de nous exprimer que par des mots vagues ou une ironie plus ou moins amère, comme si nous voulions nous venger sur nos sentiments même de la douleur que nous éprouvons à ne pouvoir les faire connaître ».

Benjamin CONSTANT, Adolphe

François René de CHATEAUBRIAND, Atala ou les deux sauvages dans le désert (1801), René (1802)

At : récit exotique qui met en scène le vieil indien Chactas, qui raconte sa vie au jeune François René. Atala est une Indienne chrétienne qui a délivré Chactas, mais qui ayant fait vœux de chasteté, s’est empoisonnée plutôt que de l’épouser. René, héros mélancolique, souffre du « vague des passions », une aspiration à l’infini qui empêche de trouver le bonheur et le fait errer dans une solitude désespérée.

 

Mme de STAEL, Delphine (1802), Corinne (1807)

Content l’histoire de deux femmes obligées de renoncer à leur passion pour respecter les conventions sociales.

 

Etienne de SENANCOUR, Oberman (1804)

Roman épistolaire où le narrateur, tenaillé par l’insatisfaction, jouit voluptueusement de sa mélancolie face à des paysages grandioses.

 

Benjamin CONSTANT, Adolphe (1816)

Roman d’introspection où le héros analyse avec lucidité son incapacité à aimer Elléonore, de dix ans son ainée, dont il ne parvient pourtant pas à se détacher, et son mal de vivre.

 

George SAND, Indiana (1832), Lélia (1833), Consuelo (1841)

Romans où les passions se heurtent à la société et aux préjugés.

 

SAINTE-BEUVE, Volupté (1834)

analyse de la façon dont un penchant, une passion, domine une âme et la rend « voluptueuse », càd languissante.

 

Alfred de MUSSET, La Confession d’un enfant du siècle (1836)

Roman d’inspiration autobiographique où MUSSET transpose sa liaison tourmentée avec George SAND, dresse le portrait de la génération romantique et analyse « la maladie du siècle », oisiveté, ennui, médiocrité, désillusion, vide…

 

«Toute la maladie du siècle présent vient de deux causes : le peuple qui a passé par 1789 et 1814, porte au cœur deux blessures. Tout ce qui était n’est plus ; tout ce qui sera n’est pas encore ».

 

Gérard de NERVAL, Voyage en Orient (1851), Les Filles du feu (recueil 1854)

VeO : mêle contes, anecdotes, descriptions de rêves et méditations mystiques.

FdF : chacune des femmes évoquées incarne une facette de l’amour idéal.

 

Eugène FROMENTIN, Dominique (1862)

Chef-d’œuvre du roman sentimental, histoire de la passion impossible du héros avec sa cousine.

 

 

Le roman social et historique

 

L’utilisation d’une trame historique permet aux romantiques d’exprimer leurs préoccupations sociales, ces œuvres annoncent les futures romans réalistes.

Alfred de VIGNY, Cinq-Mars (1826)

Drame qui met en scène le complot ourdi en 1639 par un jeune marquis de Cinq-Mars contre Richelieu.

 

Honoré de BALZAC, Les Chouans (1829)

Premier roman de Balzac qui dépeint la guerre civile entre révolutionnaires et « chouans » royalistes en Bretagne 1799.

 

Victor HUGO, Le dernier jour d’un condamné (1829), Notre-Dame de paris (1831), Les Misérables (1862), Les Travailleurs de la mer (1866), L’Homme qui rit (1869), Quatre vingt treize (1873)

Révolte contre les puissants

Foi en un progrès qui résorbera les inégalités sociales

DJd’1C : plaidoyer contre la peine de mort

ND : met en scène la Bohémienne Esmeralda (la sorcière) de Quasimodo le difforme (le peuple), de l’archidiacre Frollo (l’Eglise) et du capitaine Phoebus (l’Etat)

Mis : grands fresque humanitaires et réaliste dénonce la « dégradation de l’homme par le prolétariat, de la femme par la faim, de l’enfant par la nuit ». Les héros sont des victimes du système social : Jean Valjean, condamné aux travaux forcés pour avoir volé du pain, est obligé de changer constamment d’identité pour échapper à Javert, le policier impitoyable. Il recueille la pauvre orpheline Cosette, exploité par le couple Thénardier, dont le fils Gavroche meurt en chantant sur une barricade.

TdlM :drame du travail et la lutte de l’homme contre l’océan

HqR : l’histoire d’Ursus, bouffon à la figure difforme qui dit le vrai sous le masque du rire

93 : portraits des guerres de Vendée et de la terreur de 1793

 

« Les siècles finissent par avoir une poche de fief. Cette poche crève. C’est Marat »

 

Prosper MERIMEE, Mateo Falcone (1829), Colomba (1840), Carmen (1845)

Vendetta en Corse et en Espagne

Nouvelles historiques très documentées

Carmen : illustre le conflit entre liberté et passion : une bohémienne séduit un officier qui devient bandit et la tue alors qu’elle l’avait délaissé pour un torero

 

Eugène SUE, Les Mystères de Paris (1842), Le Juif errant (1844-45)

Romans de mœurs qui représentent le peuple dans sa misère, sa marginalité, ses haillons, ses geôles, et appellent des réformes sociales.

 

Alexandre DUMAS, père, Trois mousquetaires (1844), Le Comte de Monte Cristo (1845), La Reine Margot (1846), la Dame de Monsoreau (1846), le Vicomte de Bragelonne (1848)

Auteur de 80 mythologies populaires, créateur de légendes, père du roman historique moderne.

personnages héroïques, enthousiastes et pittoresques

 

George SAND, La mare au Diable (1846), La Petite Fadette (1849), Les Maitres sonneurs (1853)

Romans champêtres empreints de poésie qui dépeignent les sentiments et la vie des humbles paysans.

François René de CHATEAUBRIAND, Mémoire d’outre-tombe (1848)

Autobiographie enjolivée doublée d’une chronique historique lucide.

 

« Tout me lasse : je remorque avec peine mon ennui avec mes jours, et je vais partout bâillant ma vie ».

 

Le roman noir et fantastique

 

Revendication d’une plus grande liberté artistique et cherche à choquer la bourgeoisie.

Le roman noir, sanglant et terrifiant, connaît un vif engouement au 19ème siècle. Comme les romantiques s’intéressent à l’irrationnel et à la vie de l’esprit, ils sont amené à défricher un domaine nouveau : le fantastique. Ils annoncent le symbolisme de la fin du siècle.

 

Charles NODIER, Smarra ou les démons de la nuit (1821), Tribly ou le Lutin d’Argail (1822°, La Fée aux miettes (1832)

Nouvelles noires mettant en scène les puissances du rêve.

S : le narrateur, prisonnier de l’Esprit de la nuit, est hanté par le cauchemar de la guillotine.

 

Honoré de BALZAC, Peau de chagrin (1831)

Un antiquaire donne à Raphaël de Valentin une « peau de chagrin », talisman symbole de la vie qui réalise les désirs de son propriétaire mais rétrécit à chaque vœux exaucé : « si vouloir nous brûle, pouvoir nous détruire ».

 

Prosper MERIMEE, La Vénus d’Ille (1837), Lokis (1869), Djoumane (1873)

VdI : une statue prend la vie

L & Dj : à base de monstruosités, de cruauté et de sexualité, provoquent la terreur, mais la narration demeure sobre et ironique.

 

Théophile GAUTIER, La Morte amoureuse (1836), Le Pied de momie (1840)

Contes qui intègrent le fantastique à la réalité quotidienne.

MA : un prêtre tombe amoureux d’un fantôme femelle

PdM : le narrateur achète un pied de momie, et la princesse à qui il a appartenu vient le chercher et l’emmène chez son père.

 

Aloysius BERTRAND, Gaspard de la Nuit (1842, posthume)

Premier poème en prose de la littérature française

 

Gérard de NERVAL, Aurélia (1855)

« l’épanchement du songe dans la vie réelle », passage du monde des esprits à la réalité. Aurélia est l’incarnation d’une déesse orientale

 

Paul FEVAL, Les Drames de la mort (1856), le Chevalier Ténèbre (1860), La ville-Vampire (1875), le Bossu (1857)

Thème : vampire

 

ERCKMANN-CHATRIAN, Aventures de l’illustre Dr Mathéus (1858), Contes fantastique (1860), Contes des bords du Rhin (1862), Contes populaires (1866)

Duo d’auteurs à l’origine d’un bestiaire impressionnant, reflet de la cruauté de l’homme et de la vie.

 

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