La littérature populaire

Fiche: Sandra

LA LITTERATURE POPULAIRE

 

 

Bien loin des épopées héroïques et des raffinements chevaleresques, il existe aussi au Moyen-âge une littérature populaire, lyrique ou satirique, religieuse ou profane.

 

 

Le roman satirique

 

AUCASSIN ET NICOLETTE, les FABLIAUX, ROMAN DE RENART

 

« Il n’est si sage qui ne fasse folie :

Renart qui trompe tout le monde fut trompé cette fois »

 

                                               Roman de Renart

 

Le Roman de Renart (Anonyme 1170)

→ parodie de la chanson de geste épique et du roman courtois qui contient de violentes attaques contre les autorités politiques et religieuses.

→ Noble le lion, Ysengrin le loup, Chantecler le coq, Brun l’Ours (qui oublie une mission pour du miel) et Renart le Goupil et sa femme Hermeline caricaturent les valeurs chevaleresques par leur grossièretés comiques.

→ Renart, plus souvent trompeur que trompé, symbolise le triomphe de la ruse et de l’esprit bourgeois sur l’hypocrisie de la société féodale.

 

Les Fabliaux (XIIIème siècle)

brefs contes dont la grossièreté produit un effet de comique.

→ les personnages des fabliaux sont le moine paillard, la jolie femme qui cocufie allégrement son vieux mari, le paysan rusé qui triomphe du chevalier ou du prêtre stupide.

→ à l’opposé des valeurs courtoises

→ Aucassin et Nicolette (1200) : chantefable picarde qui narre les amours d’un prince chrétien et d’une esclave sarrasine.

 

Le théâtre comique

 

LA FARCE DE MAITRE PATHELIN, LA FARCE DU CUVIER, JE DE LA FEUILLE, SOTIES

 

Le jeu

Adam de la HALLE, Le Jeu de la Feuillée (1276)

→ première pièce de théâtre d’inspiration entièrement profane.

→ plusieurs intrigues s’entremêlent : les mésaventures d’Adam, qui cherche à obtenir des sous pour s’en aller à Paris, mais ne récolte que des encouragements ; le thème du repas de fées sous la « feuillée », dans lequel Adam de la HALLE joue sur les différents sens du terme (branche servant d’enseigne aux tavernes, ou feuillage abritant les amours du printemps, ou feuilles d’in livre) ; et les élucubrations d’un fou, qui se révèle plus sage qu’il n’y paraît.

→ ce jeu dénonce avec verve les notables de la ville d’Arras, qui sont cités nominalement.

 

La farce

La Farce de Maitre Pathelin (anonyme, 1465)

parodie joyeusement la vie quotidienne de l’aide de personnage types (le charlatan, le mari berné, le valet stupide…) et met en scène des retournements de situation cocasses.

→ La FdeMP : satirique et amorale conte les mésaventures de l’avocat Pathelin et du drapier Guillaume, berné d’abord par Pathelin puis par son berger Thibaud…qui à son tour, trompe Pathelin.

 

La Farce du cuvier (Anonyme, 1450)

mésaventures conjugales de Jacquinot, affligé d’une femme acariâtre et d’une belle mère autoritaire.

 

La sotie

→ La sotie des sots, c’est-à-dire des fous qui exposent sous couvert de leur folie, des vérités dérangeantes. Le thème du monde à l’envers est récurrent.

 

Le théâtre religieux

 

JEU D’ADAM, JEU DE SAINT NICOLAS, LE MIRACLE DE THEOPHILE, MYSTERE DE LA PASSION

 

Au Moyen-âge, la religion est omniprésente. Le théâtre religieux est donc véritablement populaire, sortant fréquemment des monastères pour se jouer dans la rue.

 

Le jeu

Le jeu d’Adam (anonyme, 1160)

dramatisation des principaux épisodes de la Bible, pratiqué jusqu’au milieu du XIIème siècle.

→ met en scène le péché originel, la chute d’Adam et Eve ; le meurtre d’Abel par Caïn et les prophéties annonçant la venue du messie.

 

Jean BODEL, Le jeu de Saint Nicolas (1200)

narre de façon humoristique les aventures de Saint Nicolas, patron des naïfs, des étourdis et des écoliers, en Orient.

 

Le miracle

RUTEBEUF, Le Miracle de Théophile (1262)

→ Théophile est un riche clerc qui, se trouvant pauvre et abandonné de tous, décide de vendre son âme au diable pour se venger ; mais il est incapable de renier la Vierge Marie, qu’il a toujours vénéré.

 

Le mystère

Arnoul GREBAN, Le Mystère de la passion

très en vogue à la fin du Moyen-âge, évoque la vie et la passion du Christ

→ joué par des confréries qui sont de véritables troupes d’acteurs

→ grand spectacle qui dure plusieurs jours, nombreux personnages, décors imposants

 

 

 

 

L’essor de la Poésie

 

CHARLES D’ORLEANS, CHRISTINE DE PISAN, DESCHAMPS, GUILLAUME DE MACHAUT, RUTEBEUF, VILLON

 

La poésie lyrique des troubadours et des trouvères décline au XIIIème siècle. Elle cède la place au « dits », des poésies didactiques ou morales qui abordent tous les sujets. Parallèlement se développe une nouvelle poésie, qui parle de l’individu et de l’angoisse qu’il éprouve devant les mutations de la société.

 

La complainte de Rutebeuf (1261)

poésie populaire et lyrique, pleine de compassion

→ conte la longue liste des malheurs subis par RUTEBEUF.

 

RUTEBEUF, Le Dit de l’herberie

→ monologue extravagant qui caricature le boniment d’un « herbier », c’est-à-dire d’un apothicaire.

 

Guillaume de MACHAUT, Le Voir dit (1364)

→ perfectionniste qui définit les fores fixes des poèmes lyriques (rondeaux, ballades, chants royaux, lais et virelais)

 

DESCHAMPS, Miroir de mariage (1392)

→ nouvelle poésie lyrique entremêlant les thèmes de l’amour, de la mort et du patriotisme.

→ la personnalité du poète (utilisation du je) intervient pour la première fois, faisant la morale ou se moquant avec verve du monde qui l’entoure

 

Christine de PISAN, Cent Ballades d’Amant et de Dame (1410)

→ dialogue amoureux, émouvant, fidèle aux thèmes courtois, où la dame meurt après avoir été délaissé par Aant.

 

Charles d’ORLEANS, Œuvres (1450-1455)

prince-pète qui renonce aux luttes politiques pour s’adonner à la poésie dont il renouvelle le lyrisme amoureux (ballade, rondeau)

 

« Ma seule amour, ma joie et ma maîtresse,

Puisqu’il me faut loin de vous demeurer,

Je n’ai plus rien à me réconforter

Qu’un souvenir pour retenir liesse.

En allégeant, par Espoir, ma détresse,

Me conviendra le temps ainsi passer,

Ma seule amour, ma joie et ma maîtresse,

Puisqu’il me faut loin de vous demeurer.

Car mon las cœur tout garni de tristesse,

S’en est voulu avecque vous aller ;

Ne je ne puis jamais le recouvrer

Jusque verrai votre belle jeunesse,

Ma seule amour, ma joie et ma maîtresse. »

 

 

François VILLON, Ballades des pendus, Ballade des dames du temps jadis (1462)

ancien voleur et assassin qui écrit des poésies lyriques empreintes de piété et de compassion pour les pauvres.

→ en révolte contre la société et l’ordre établi, très loin de la thématique courtoise, il est hanté par le temps qui passe, la mort, la détresse et les faiblesses humaines.

 

« Où est la très sage Héloïse ?

Pour qui fut châtré et puis moine

Pierre Abélard à Saint Denis »

 

 

 

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